Réflexions sur le tir instinctif


Category Tir

POUR EN FINIR AVEC LA VISÉE EN TIR INSTINCTIF.

L’image que beaucoup se font de l’acte de viser avec une arme est indissociable d’un dispositif de visée (viseur ou autre). Dans ce cas précis, la modalité sensorielle qui est essentiellement sollicitée est la VUE. Cette modalité sensorielle, unique dans ce cas, s’appuie de plus sur des paramètres mesurables tels que la distance, donnée à l’aide d’appareils et les systèmes gradués de hausse et d’erreurs latérales. La vue et le raisonnement prennent donc toute la place dans cette technique.

visée1Mais nous avons 5 sens et même plus, puisque , dans les 5 sens, la PROPRIOCEPTION n’est pas incluse. C’est la capacité de perception de l’état de relâchement ou de contraction de nos muscles. Cette modalité sensorielle est à l’origine de notre schéma corporel et de notre AJUSTEMENT POSTURAL à chaque instant de notre vie quotidienne. Outre ce type de perception que nous avons de nous-mêmes, et qui fait partie intégrante des nombreuses informations qui construisent la prise de nos décisions, les neurosciences commencent à s’intéresser sérieusement à un type de sensation très difficile à cerner: notre INTUITION, cette sorte de PREMIÈRE IDÉE ou de PREMIÈRE IMPRESSION.

Cette première impression, l’être humain la rejette, tout occupé qu’il est à suivre sa course effrenée vers l’un des derniers domaines propres de la nature humaine qu’est l’intellectualisation absolue. C’est aussi certainement parce que cette sensation est le reflet sans détours de sa part animale: elle revèle notre côté instinctif: le mot est lâché.

Pourtant, chacun d’entre nous a été confronté à sa première impression notamment, lors d’une rencontre avec un inconnu ou dans des situations nouvelles et l’une des expressions consacrées dans ce cas de figure est “ça, je le sens” ou “ça, je ne le sens pas”. Certains échecs sont même parfois ponctués d’un “si j’avais su, j’aurais suivi ma première idée”.

Chaque archer connaît donc des situations, des cibles, des flèches qu’il sent ou qu’il ne sent pas. Et, à coup sûr, les cibles qu’il sent déterminent souvent des flèches qu’il sent et des tirs qu’il sentait bien, avec pour résultat, la flèche fichée à l’endroit ou il voulait la mettre… Pour réussir cela, l’archer a, très souvent de façon inconsciente, mobilisé toutes les aides indispensables: les 5 sens, la proprioception, l’analyse de la cible, le vent, les émotions de l’archer etc… tous ces paramètres que certaines disciplines psychologiques regroupent sous le terme de SENSATION KINESTHÉSIQUE. Pourtant, immanquablement, l’archer a aligné son geste sur la ligne de la cible, il s’est appliqué à diriger la flèche vers celle-ci et à décocher dans les bons axes, bref, il a visé.

Réduire la visée à la seule modalité sensorielle de la vue s’appuyant sur un dispositif de visée, c’est négliger toutes les disciplines où les pratiquants visent avec tous les paramètres cités plus haut. Je pense à tous les sports ballons, raquettes, aux lancers et autres tirs de précision tels que la pétanque, les boules, les bowling, le curling et bien d’autres encore. Tous ces pratiquants, tirent au final en visant avec tous les paramètres qu’ils ont à leur disposition, et c’est ce qui fait la magie d’un tir réussi en Basket Ball à la fin d’un match, réalisé de l’autre côté du terrain. Chance? En partie, mais pas seulement. Viser de cette façon engage la PERSONNALITÉ INTÉGRALE du pratiquant et c’est, je crois, ce qui en fait sa difficulté, mais aussi sa beauté.

viséeDans les discussions souvent stériles abordant le sujet de la visée en tir instinctif à l’arc, on rencontre 2 types de protagonistes: les ANTI visée et les PRO visée.

Les ANTI sont des archers qui disent tirer à “l’instinct pur”et qu’ils ne visent surtout pas, ça, ils n’en démordent pas. Ils sont sincères, car, en fait, ils font bien tout ce qu’il y a à faire, mais de façon inconsciente. Leur attitude est donc vraie car les paramètres nécessaires au tir instinctif se logent à la limite du conscient et de l’inconscient. Il y a certainement parmi eux de bons et de moins bons archers.

Les PRO sont des archers qui, pour des raisons de cheminement, de volonté d’analyse en vue de transmettre, ont placé ces paramètres du côté de leur conscient, ils peuvent donc en parler et, forcément, ils en parlent et leurs arguments sont tout autant sincères et authentiques. Il y a certainement parmi eux de bons et de moins bons archers.

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